Pourquoi « Dog Tags »?

Les Origines

Washington

Pour comprendre ce vulgaire terme qui pourrait être traduit littéralement par « Étiquettes pour chien », il faut remonter au 18ème siècle. Les Etats-Unis d’Amérique font face à un véritable problème de chiens errants dans les villes et les campagnes, causant de nombreux dégâts mais également de nombreuses attaques auprès de la population. Ainsi, George Washington décide de lancer une vaste opération de nettoyage canin sur le territoire et proclame une loi obligeant à tout propriétaire canin de faire porter à son animal un collier avec le nom et les coordonnées de son propriétaire.

Guerre de Sécession

Durant toute l’Histoire des Etats-Unis, des soldats d’armées plus ou moins importantes et plus ou moins officielles meurent et sont enterrés sur les champs de bataille. Avant d’être soldats, ces personnages sont des hommes, des pères de famille, des maris, des frères. Cependant, une fois le drame survenu lors d’une attaque, rien ne permet de les identifier, et tous ces soldats sont enterrés dans des fosses communes, anonymement, au beau milieu d’un champ ou d’un bois à des centaines de kilomètres de chez eux. Lors de la Guerre de Sécession (1861-1865), les hommes ne veulent rester que des anonymes et improvisent différents systèmes pour faire reconnaître leur cadavre. Certains s’accrochent une étiquette en papier avec leur nom sur le sac ou Guerre de Sécession

sur la veste à l’aide d’une épingle ; tandis que d’autres frappent leurs initiales sur une pièce de monnaie qu’ils viennent porter en pendentif. Certains commerçants en arrière des lignes trouvent déjà à cette époque le filon pour confectionner des pendentifs personnalisés plus ou moins luxueux à destination des soldats partant en guerre. On assiste d’ailleurs à d’incroyables initiatives. Pour exemple, le Général George Meade qui, juste avant la bataille de Mine Run en Virginie du Nord (1863), ordonne à tous ses hommes d’écrire leur nom sur une étiquette blanche et de l’épingler sur eux avant de partir au combat.

Naissance de la Dog Tag

Après le carnage que fut cette guerre, les Américains continuent le mouvement contestataire et veulent se recueillir sur la tombe de leurs morts, le Congrès et l’armée sont obligés de chercher une solution. C’est ainsi qu’en 1906, s’inspirant des médaillons commercialisés auparavant, un projet de « plaque d’identité » naît. Celui-ci est sponsorisé par le Chaplain Charles Pierce en charge du Quartermaster Office of Identification. Adopté en 1913 à la veille de la 1ère Guerre mondiale, on impose aux soldats américains de porter autour du coup un petit disque en aluminium sur lequel sont inscrites différentes informations (nom, prénom, unité, USA). Assimilés à des chiens à qui on mettrait un collier, les soldats appellent cette plaque naturellement «Dog Tag». La légende venait de naître.

 

Sangle Para? Non!

Une sangle pour parachutiste?

Force est de constater que ces derniers temps de nombreuses de ces sangles sont vendues avec une appellation telle que « sangle de portage 1er type de parachutiste », il est nécessaire de rétablir certaines vérités. Cette sangle, de couleur blanche ou verte mesure exactement 58 centimètres, dotée d’une boucle à une extrémité et d’un fer à l’autre. Ce type de sangle se retrouvent facilement sur les lits « picots » (lits pliables de l’armée américaine) et permettent de maintenir le lit plié lors de son transport. Bien que certains n’hésitent plus à réécrire la nomenclature d’origine du matériel US à leur profit, cette sangle n’est donc en aucun cas une sangle de parachutiste à la base.

Utilisée tout de même par des parachutistes

Cependant, il n’est pas rare d’apercevoir des clichés de parachutistes prêts à embarquer pour la Normandie sur les aérodromes britanniques qui portent effectivement ce genre de sangles, ainsi que beaucoup d’autres modèles de sangles de récupération. Ces sangles, les unes comme les autres, leur permettent de fixer certains équipements, notamment aux chevilles, telles les mines Hawkins, les poignards US M3 dans leur fourreau, etc… Cette utilisation anecdotique ne justifie en aucun cas de l’appellation de « sangle de parachutiste ». Il s’agit uniquement, comme dans beaucoup d’autres cas, d’objets détournés de leur usage d’origine par les soldats de l’US Army sur le théâtre d’opérations.

PARA EN NORMANDIE

Omaha Beach après la tempête

Un port neuf et déjà détruit.

A compter du 19 juin 1944 et ce durant plusieurs jours, la plage d’Omaha investie par les Alliés quelques jours plus tôt seulement sera balayée par une épaisse tempête mêlée à de forts coefficients de marées. Le bilan est lourd: le port artificiel « Mulberry A » est désormais hors d’usage tandis que la progression du front continue. Il faut alors décharger puis faire échouer les navires endommagés sur la plage afin de libérer à nouveau l’accès aux prochains débarquements d’hommes, de matériels et de véhicules. 

L’importance des autres ports.

Bien que troupes et matériels seront tout de même amenés sur Omaha par petites quantités, ce sont les ports artificiels installés sur les autres plages du Débarquement allié qui engouffreront cette profusion de ravitaillement. Ainsi, des ports Mullberry comme celui de Gold-Arromanches ou Gooseberry de Utah-Sainte Marie du Mont, joueront un rôle clé dans l’approvisionnement du front et l’avancée de ce dernier.  Pour l’exemple d’Utah, ce ne sont pas moins de 836 000 hommes qui fouleront le sable de cette petite plage durant l’année 1944 car bien que le port de Cherbourg soit libéré à la fin du mois de juin, celui-ci est inutilisable.

 

(Crédits photo : NARA)

Des Glidermen dans Carentan (50)

Les rues de Carentan, témoins d’une autre époque.

Ces trois éléments du 327ème Régiment de Gliders s’accordent un instant de repos lors de l’occupation de la ville de Carentan faisant suite à sa libération. Débarquée sur Utah Beach principalement le 7 juin 1944, cette unité était à l’origine prévue pour envahir les terres par planeurs. Elle fait partie intégrante de la 101ème division aéroportée, qui ne regroupe pas uniquement des parachutistes. Les hommes portent cependant des équipements similaires, telle la célèbre carabine US M1 dans sa version à crosse repliable.

La Voie de la Liberté, lieux de nombreux clichés.

Mais ces éléments du 327th GIR qui se reposent contre le pignon d’une habitation ne sont pas seuls, et si l’on se retourne dans la rue, d’autres soldats piquent également un somme. Les troisième et quatrième photos permettent d’identifier ce gros plan. Le Café Désiré Ingouf n’existe plus et un nouveau bâtiment, plus ou moins similaire a poussé à sa place. Cependant, les fenêtres ne laissent aucun doute sur la localisation de ce cliché. Par ailleurs, les cercles de couleur vous permettront de vous repérer.

Albert J. Ricciuti : Une guerre, un amour, un héritage.

Une famille cosmopolite et multiculturelle

 

Albert JustAlbert J Ricciutiin Ricciuti est né en 1923 sur Lakewood Avenue à l’est de Baltimore dans le Maryland. Son père Raffaele, immigré italien arrivé préalablement aux États-Unis au début du 20ème siècle, avais mis de longues années avant de comprendre l’anglais. Ce dernier avait ensuite rejoint le corps expéditionnaire et était retourné en Europe en 1917 pour combatte l’Empire Allemand. Il y avait d’ailleurs rencontré Louise Pillier, jeune française, qui devint sa femme et qui le rejoignit dans son pays d’adoption après guerre. Suite à cette union internationale, leur fils Albert grandira à Baltimore pendant des années puis deviendra diplômé du lycée Mont St. Joseph à Irvington en 1941. Grâce aux origines de ses parents, le jeune homme parle plusieurs langues et c’est son niveau de Français qui intéressera l’armée lors de la Seconde Guerre mondiale.

 

Albert J Ricciuti          Albert s’engage d’ailleurs le 22 janvier 1943 et obtient le matricule 33552009. Il intègre alors le 20th Corps de la 3ème armée du Général Patton. Transféré rapidement en Grande-Bretagne, il débarque à Utah Beach le 10 juin 1944, soit 4 jours après le début des opérations en Normandie. Puis son unité fait mouvement selon l’avancée des opérations, traversant les régions libérées de France les unes après les autres, dont la Champagne. C’est là, en Champagne, que le jeune soldat alors âgé d’une vingtaine d’années, rencontre Paulette Révolte et ses deux sœurs, à Avenay-Val-d’Or . Grâce à la pratique du français, Albert et ses camarades militaires ont plus de facilité à communiquer avec les jeunes françaises. Amateur de bières, il découvre durant son séjour une nouvelle boisson : le Champagne, à travers de bons moments passés avec Paulette, qui a grandi dans les vignes. Puis le front progressa et Albert finit la guerre et rentra au pays tandis que d’autres n’ont eu pas cette chance. Il occupera alors un petit boulot de barman au Chiapparelli’s dans Little Italy . Cependant une fois de retour, il n’a pas oublié la belle Paulette à qui il écrit une carte de vœux tous les ans, durant la période de Noël.

Des tranchées aux vignes

Paulette Révolte         En 1962, Albert Ricciuti décide de retourner en Europe, 18 ans après la fin du conflit pour retracer son parcours dans la bataille. C’est ainsi l’occasion de rendre visite à sa vieille amie Paulette et l’avertir qu’il sera de passage en France et qu’il aimerait la revoir. La réponse ne se fera pas attendre, cette dernière s’exclamera :

« J’ai tellement de nouvelles bouteilles de Champagne à te faire goûter ».

Les amants se marieront un an après, désireux de rattraper toutes ces années passées loin l’un de l’autre. Quelques formalités aux USA seront réglées et Albert emménagera en France, dans le village de Paulette. Il se formera aux métiers du vin et de la culture du raisin au sein de l’entreprise de la famille de Paulette. Malgré lui, Albert Justin Ricciuti de Baltimore venait de devenir le premier Américain à produire du Champagne. Voulant constamment apprendre, Albert est devenu un pilier du milieu et le Champagne Ricciuti-Révolte fut produit à non moins de 50 000 bouteilles par an.

Une production multi-générationnelle

Ricciuti-RévolteAlbert Ricciuti, héros libérateur de notre pays, est décédé le 17 juin 2002 et Paulette est malheureusement partie le rejoindre le 12 Décembre 2016 dernier. Cependant, John Charles est né de cet amour en 1963, d’un père américain et d’une mère française. Ce fils porte d’ailleurs les prénoms de deux symboles franco-américains ; John F. Kennedy, président à la destine tragique, et Charles de Gaulle, leader de la France Libre durant la guerre puis président de la France ; et c’est désormais à travers son travail que subsiste l’entreprise familiale, héritage à la fois d’une rencontre mais également d’un savoir faire unique. Il est aujourd’hui fier de transmettre son Histoire et celle de son nom. Il paraîtrait même que son fils Ugo, venant d’achever un BTS viti-vinicole soit déjà prêt à prendre la relève et continuer la tradition !

Vestiges de guerre : pas seulement du militaire

Quand les soldats jouaient au Baseball

Quand l'US Army jouait au baseballTrouvé récemment sur un ancien camp occupé par les soldats américains en Cotentin, cette relique nous plonge à travers les moments de détente et de rire au sein des troupes qui envahissent la Normandie en 1944. Ce morceau de ferraille qui a passé plus de 70 ans sous terre est en réalité la carcasse d’un masque de receveur, l’un des postes clés lors d’une partie de baseball. Ce type de sport est fort populaire dans les années 40 aux USA et le soldat de l’US Army amène avec lui, en France, bien plus qu’un simple personnage : une véritable culture.

Un masque de receveur de la marque Wilson

Après quelques recherches, des comparaisons entre les différents modèles de cette époque, nous parvenons à identifier cette découverte en lui attribuant une marque : Wilson, qui existe encore aujourd’hui et fournit notamment des équipements sportifs. Nous avons réussi à retrouver un autre modèle d’origine, mais qui a été mieux conservé.

La cage en fer est peinte en noir et sur celle-ci sont ficelés un boudin en cuir épousant le visage et un coussin marqué de la mention « USA. » au niveau du menton. Deux sangles en cuir et toile élastique viennent maintenir l’ensemble sur la tête du joueur. Sur l’une d’elle est apposée une étiquette du fabricant et nous savons, suite à la découverte de photographies, qu’une deuxième étiquette avec la mention « US ARMY SPECIAL SERVICES » pouvait y être cousue. Il s’agit donc d’un élément parmi tant d’autres, qui brisent les codes du traditionnel kaki et qui offre au soldat plaisir et distraction.

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